Zoeken

PROJET INTERREG Un parcours créatif et paysager sur les lieux de mémoire de la Grande Guerre

Jardin de la Paix français au Memorial Museum Passchendaele 1917, Zonnebeke - Belgique

Jardin de 100 ans créé par les paysagistes français Mathieu Gontier & Pierre David - WAGON LANDSCAPING

Le Jardin de 100 ans évoque un siècle de paix qui a permis à une nature riche et foisonnante de coloniser et d’évoluer sur des terrains détruits par la guerre. Il y a cent ans… La guerre s’achevait pour laisser derrière elle des familles, aussi bien que des paysages, dévastés. Dans la parcelle de boisement où s’inscrit le Jardin de la Paix français, un œil aguerri peut voir ces décennies d’histoire sous ses yeux car la forêt a repris ses droits : elle est passée d’un stade « pionnier » (végétation colonisant les sols fraîchement retournés) à un stade « avancé » (végétation riche d’un boisement en cours de développement pouvant atteindre un état de climax sans intervention de l’homme). Cette évolution, visible, de 100 ans de paix est tout ce que le jardin présente au public par des circulations discrètes et des temps de pauses pour s’imprégner de l’ambiance paisible de la forêt. Il met en scène les différents milieux qui constituent un bois, de la clairière au boisement dense. Dans l’espace réduit du jardin, cet « extrait de forêt » centenaire est présenté de manière concentrée afin de donner lecture des stades d’évolution de la forêt et de remonter le temps de l’Histoire, dans une forme d’intimité qu’offre le calme du site. Dans cette mosaïque de paysages forestiers, des arbres abattus sont laissés sur place, un sous-bois est jardiné, une clairière offre un puits de lumière pour permettre à la petite faune (pics, insectes, petits mammifères) de venir habiter l’esprit du jardin et participer, dans une certaine mesure, à une forme d’éloge à la vie que la forêt magnifie. 

« Il ne s’était pas du tout soucié de la guerre. Il avait imperturbablement continué à planter. »,  L’homme qui plantait des arbres - Jean Giono

Jardin de la Paix belge dans le fossé des fortifications Vauban Le Quesnoy - France

À l’assaut du rempart, créé par les paysagistes belges Mathieu Allain & Thomas Van Eeckhout - Collectif Plan B

À Le Quesnoy, dans le fossé des fortifications Vauban, les paysagistes vous invitent à imiter le bataillon qui a rendu la liberté aux Quercitains : partir à l’assaut des remparts. Leur aménagement repose en effet sur un concept simple, la projection parfaite d’une section de rempart sur le sol engazonné de la forteresse. Ainsi transposé de la verticale à l’horizontale, le mur haut de douze mètres devient-il terrasse. C’est une pause dans la promenade des remparts, au pied de l’infrastructure militaire, qui permet de mieux en appréhender la taille impressionnante. L’usage de la brique en terre cuite, matériau typique des Flandres, rappelle ici les liens entre la Belgique et la région des Hauts-de-France. Adjoint à des pavés de grès, ce revêtement permet par ailleurs de retranscrire le vieillissement naturel du mur : ici et là, des briques déchaussées laissent la végétation pousser et transforment l’espace minéral en un havre de verdure, aux accueillantes assises en acier Corten.